Les Décloîtrés

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Noémie Bessette, Sapporo, Japon

En arrivant au Japon,  je m’attendais à…

En arrivant à Sapporo, je m’attendais à cette image traditionnelle et stéréotypée du Japon que toute personne non renseignée sur le pays peut avoir. Pour que la surprise soit complète, j’ai décidé de ne pas trop me renseigner sur l’endroit où j’allais vivre les prochains mois de ma vie. Et aujourd’hui je me suis rendue compte que Sapporo occupe une place à part au Japon, de par son histoire (récente d’un point de vue japonais, bien plus ancienne du point de vue autochtone) et sa situation géographique (île la plus nordique du Japon : Hokkaido). La ville est donc de celles faites de buildings relativement impersonnels organisés en « blocks » pour le côté surface. Puis l’autre surprise survient à la découverte de la ville souterraine (pour la française provinciale que je suis) à la fois centre commercial, accès aux métros, et refuge pour les jours d’hiver où la surface de la terre n’est plus véritablement praticable entre rafales de vent, neige, et couches de glace qui défient l’équilibre de chaque personne s’aventurant sur un tel sol sans ses crampons.

 

A quoi ressemble une journée ordinaire au Japon    ?

Une journée ordinaire rime avant tout avec cours à l’université et peut parfois, période d’examen oblige, se prolonger en une longue soirée studieuse à la bibliothèque. Mais pour qui a besoin d’évacuer la tension, les Japonais ont plein d’options à disposition, à commencer par de charmants petits bars-restaurants (déchaussés sur de petits coussins) où les plus affamés/assoiffés pourront compter sur la formule boissons et/ou nourriture à volonté. Toutefois il faut pouvoir être prêt à supporter l’odeur très présente de cigarette, puisqu’au Japon, fumer dans la rue ou à l’entrée d’une gare peut être mal vu : il y a des espaces prévus à cet effet, mais les lieux autres ont chacun leur politique et la plupart autorisent la cigarette. Enfin, une autre façon de se défouler toute aussi efficace, si ce n’est plus, est un karaoké bien sûr. Peu importe le nombre de participants, c’est une façon certaine de passer un bon moment et pour peu que la chaîne du karaoké soit bien choisie pour les connaisseurs et ceux qui ont le mal du pays, il y a des chances de pouvoir passer quelques chansons françaises (sans avoir exploré tout le répertoire, j’ai déjà pu écouter du Vanessa Paradis et du Véronique Sanson).

 

Qu’est-ce qui t’a le plus surprise   ?

L’habitude la plus surprenante est en réalité une non habitude : il n’existe pas d’expression à utiliser lorsqu’une personne éternue, ce qui est perturbant quand on a cette habitude dans sa culture d’origine. On a toutefois droit à un de ces regards assez surpris et un (presque contrôlé) mouvement de recul. Ce qui, pour toute personne ayant la volonté de s’intégrer à la société japonaise (ne serait-ce qu’un minimum), tend à développer un certain sentiment de culpabilité à éternuer en public.

 

Existe-t-il un mot courant en japonais et intraduisible en français    ?

« Ganbatte ». Ce mot signifie à la fois « bon courage/bonne chance » et « fais des efforts ». Sûrement un peu sur-utilisée par les apprentis de la langue japonaise mais comment peut-il en être autrement d’une expression qui peut dire autant ? Élément utile, il existe aussi la version personnelle « ganbarimasu » où la personne elle-même promet de faire des efforts et de son mieux.

Cette année, je profite de…

découvrir par le plus de moyens possibles (rencontres, voyages, nourriture…) la culture véritablement complexe et multiple d’un pays en apparences très homogène. J’en profite pour en prendre plein les yeux et m’ouvrir l’esprit sur un continent qui n’avait jusque là suscité que peu d’intérêt en moi. Enfin, j’en profite pour me faire des amis de partout dans le monde et surtout je prends rendez-vous avec le futur, avec eux, avec tous les lieux dans lesquels j’ambitionne désormais de me rendre et les cultures que je suis curieuse de découvrir. Cette année, je suis gourmande et je fais des listes qui me prendront toute une vie.

 

Noémie Bessette

Pierre Xolin – Flagstaff, USA

En arrivant aux Etats-Unis, je m’attendais à…

changer de dimension. Et c’est ce qui est arrivé, dans à peu près tous les domaines de la vie quotidienne. Les américains voient vraiment les choses en grand. Il suffit de se promener dans les rayons d’un supermarché pour le constater : ici, impossible de trouver une brique de lait de 1L comme en France. Non, ici une « brique » c’est un gallon, soit 3.78 L ! Et que dire du campus ? 25 000 étudiants, 27 restaurants, un stade couvert d’une capacité de plus de 10 000 places, 5 salles de sport… Voilà exactement ce que je recherchais en venant ici : découvrir la réalité des universités américaines telle qu’elle nous est donnée à voir dans les films. Enfin, comme tout étudiant s’envolant pour les Etats-Unis, j’espérais vivre mon « rêve américain ». Mon rêve à moi, c’était de pouvoir apprécier des paysages à couper le souffle. L’Arizona a exaucé mon vœu et m’a ouvert les portes de quelques unes des merveilles de la nature comme Antelope Canyon, Horseshoe Bend ou Monument Valley.

À quoi ressemble une journée ordinaire aux Etats-Unis ?

L’avantage des facs américaines, c’est qu’elles laissent les étudiants choisir leurs cours à leur guise. Une aubaine pour les gens peu matinaux ! Après un premier cours programmé aux alentours de 10h, il est déjà l’heure d’aller au self. Même s’il n’y a pas d’heure pour manger aux Etats-Unis, les étudiants américains prennent leur déjeuner relativement tôt, souvent vers 11h. Lorsque les salles de cours se vident en fin d’après-midi, les salles de sport connaissent leur pic d’affluence. La plupart des étudiants aiment se vider l’esprit avant de se plonger dans leurs devoirs. Il faut dire qu’ici, le sport est une véritable institution. Beaucoup d’athlètes universitaires espèrent devenir professionnels une fois leur cursus terminé.

Même si les cours ne représentent pas un volume horaire trop important (entre 10 et 15h hebdomadaires), le temps de travail à côté est considérable. Les élèves sont invités à préparer chaque classe à l’avance afin de la rendre interactive. Pour cela, les lectures obligatoires sont un impératif auquel personne n’échappe, puisqu’elles sont régulièrement sanctionnées par des tests de connaissances.

Enfin, cette spécificité qui fait le charme de Flagstaff, c’est son emplacement au cœur de la montagne. La vue sur le Mont Humphreys depuis le campus est un plaisir qu’on ne se lasse pas d’apprécier.

Si j’avais su j’aurais…

fait des réserves de pain et de fromage pour tenir un an ! Les Etats-Unis ont beau produire presque tous les aliments possibles en quantité industrielle, trouver une baguette et du bon fromage relève de l’exploit. Après quelques mois de pain de mie et de cheddar, les souvenirs enfouis de raclette, fondue savoyarde ou autre tartiflette remontent à la surface pour vous torturer…

L’habitude la plus surprenante…

Échanger avec les vendeurs, les serveurs ou même avec ses professeurs comme s’ils étaient des amis d’enfance. Aux Etats-Unis, si vous entrez dans un magasin ou un restaurant vous n’échapperez pas au traditionnel « Hey ! How’s it going today ? » (« comment ça va aujourd’hui ? »). Plus que de la politesse, s’inquiéter de l’état des gens, même si vous ne les connaissez pas, est une habitude ancrée dans la culture américaine. Je dois admettre que c’est un peu surprenant au début, mais on finit par s’y habituer. Et au bout de quelques mois, lorsqu’on passe à la caisse au supermarché, la première phrase que l’on prononce est « Hey, how’s it going ? ».

Cette année j’en profite pour…

Prendre des cours de snowboard. Ma fac se trouve à une vingtaine de kilomètres de l’Arizona Snowbowl, une station de ski nichée au pied du Mont Humphreys. De janvier à mars, des navettes sont mises en place et des moniteurs sont réquisitionnés pour dispenser des cours aux étudiants. Une opportunité en or pour découvrir le snowboard… et valider des crédits étudiants !

Arthur Sautrel – Inde

En arrivant en Inde, je m’attendais à …

Avoir un choc culturel, c’est chose faite. Je m’étais préparé psychologiquement à « prendre une claque » mais jamais je n’aurais imaginé que ce soit si violent les premiers jours et les premières heures.

Dès la sortie de l’aéroport, j’ai fait quatre heures de taxi, pour rejoindre Pondichéry. La première expérience avec la conduite indienne est surprenante et un peu effrayante. Dans les rues l’étonnement est partout : l’effervescence de la vie indienne, des temples et des beaux bâtiments se dressent régulièrement.

La pauvreté présente partout est aussi un choc. On ne passe pas inaperçu avec nos airs de touristes donc les sollicitations sont nombreuses et ça fait toujours un peu mal de voir des enfants vous demander de l’argent…

A quoi ressemble une journée ordinaire à Pondichéry ?

Elle commence assez tôt. Vers 6 heures du matin, le soleil se lève et les indiens font de même. Ils profitent de la fraicheur du matin pour faire des activités, comme marcher le long de la plage, ou les tâches de la maison. Un moment important de la journée reste la sieste.

Avec la chaleur, la ville est plutôt calme entre 14 et 16 heures. Difficile de trouver un rickshaw éveillé ou qui veuille bien sortir de sa sieste pour vous transporter. Les magasins, qui ouvrent tôt et ferment très tard, baissent le rideau pendant une partie de l’après-midi. La vie nocturne est calme.

Alors que la ville semble hyper-active la journée, quand les klaxons résonnent sans cesse, les rues sont désertes la nuit. Au niveau de la vie étudiante, les soirées ne s’éternisent jamais beaucoup. Les bars ferment pour la plupart vers 23 heures et il n’y a pas vraiment de boîtes de nuit comme en France.

Existe-t-il un mot courant en tamoul et intraduisible en français ?


Les tamouls utilisent beaucoup deux petits mots : « ana » et « aka ». On pourrait les traduire respectivement par « grand frère » et « grande sœur » mais dans la pratique ça ne se limite pas aux proches.

Si vous souhaitez interpeller une personne, que ce soit un serveur, un rickshaw ou n’importe qui, « ana » et « aka » feront lever la tête de l’inconnu.

Si j’avais su j’aurais…

Plus préparé mon corps aux épices. Les premiers jours, la découverte se fait aussi dans l’assiette et certains indiens ont plutôt la main lourde sur les épices. Pour quelqu’un qui n’est pas habitué à manger épicé, les repas peuvent réserver quelques surprises. Terminer son plat peut devenir une épreuve…

En arrivant à Valparaiso, je m’attendais à …

Pas grand chose à vrai dire! Je ne m’étais pas beaucoup renseignée sur la ville, j’avais seulement entendu les expériences des 4ème année de Sciences Po Rennes à Valparaiso. Ce qui ressortait c’était avant tout une ville « artistique et pleine de couleurs », des soirées et une bonne ambiance.

J’ai effectivement trouvé une ville dynamique aux niveaux culturel et artistique, des gens très chaleureux. Mais Valparaiso c’est aussi une ville très engagée, rebelle, où les habitants n’hésitent pas à se mobiliser pour défendre la cause des Mapuche par exemple (peuple indigène du Chili).

Dans l’ensemble, je cherchais le dépaysement et à sortir de ma zone de confort. Aujourd’hui je peux dire que c’est chose faite!

A quoi ressemble une journée ordinaire à Valparaiso ?

La première chose à souligner c’est que le rythme de vie chilien est beaucoup plus détendu qu’en France. Le concept de ponctualité est plus relatif, surtout à l’université. Mais l’adaptation se fait très facilement!

Ce qui est très appréciable c’est qu’aucune journée ne se ressemble, tant il y a d’expositions, de concerts, de festivals où se rendre.

Si j’avais su j’aurais …

Emmené une tente Quechua! C’est assez courant de partir camper pour le weekend dans les parcs naturels. Or, ici pas de Décathlon, le budget camping est donc plus conséquent!

L’habitude la plus surprenante …

La vente informelle d’objets et de nourriture en tout genre dans la rue. On trouve énormément d’étals à même le trottoir et il n’est pas rare de voir des télécommandes disposées à côté d’avocats, de pansements et de chocolat.

Cette année j’en profite pour …

Découvrir de nouvelles contrées ! Le voyage est une partie essentielle de l’année à l’étranger et je compte bien mettre à profit chaque période de congés. J’ai déjà pu aller au Pérou et en Bolivie, et je n’avais jamais connu une telle expérience jusqu’à présent. Avec d’autres étudiantes de Sciences Po, nous avons eu l’occasion de passer 23h dans le bus pour traverser une partie du Chili… ma vision des distances a clairement été bousculée ici !

 

Enaël Février

En arrivant en Inde, je m’attendais à…
Un choc social et culturel bien plus important. Bien sûr, l’arrivée en Inde peut être brutale mais je m’attendais à “pire”, si j’ose dire cela ainsi. Pendant des mois, on m’a rappelé à maintes reprises qu’il fallait que je sois prête à encaisser ce fameux “choc” et qu’il fallait que je fasse attention à ma sécurité à tout prix, notamment ne jamais être seule. Certes, la réalité sociale est difficile ; tous les jours je vois des personnes – et bien souvent des enfants – mendier dans la rue. Je vois des choses auxquelles je n’aurai jamais été confrontée en France et auxquelles je n’aurai même jamais songé, comme le fait que des personnes handicapées, qui n’ont pas/plus l’usage de leurs jambes, ne disposent pas d’un fauteuil roulant.

Pour ce qui est de la sécurité, il faut dire que je me suis sentie à l’aise beaucoup plus tôt que je ne l’avais imaginé. Quand on est blanc – il n’y a pas d’autre façon de le dire – on fait l’objet d’une certaine bienveillance ici (en tout cas à Bangalore). Que ce soit au sein de mon ancien stage ou même dans la rue, je me sens privilégiée dans la façon qu’ont les gens d’être sans cesse prêts à m’aider. Cela n’a cependant pas que des avantages, les regards sont bien souvent beaucoup plus persistants si vous êtes blanc et si vous êtes une femme qui plus est.

Quel a été ton itinéraire depuis ton arrivée ?

Travaillant tout au long de la semaine, je ne peux sortir de Bangalore que pendant les weekends. Je suis déjà allée à Pondichéry, sur la côte est. Je me suis également rendue du côté ouest : une fois à Bylakuppe (ville d’Inde du sud qui accueille le plus de réfugiés tibétains) et Madikeri (assez proche de Bylakuppe, Madikeri est la ville la plus grande de la région du « Coorg » – notamment connue pour ses plantations de café) puis dans l’Etat de Goa (très fréquenté par les Russes et les Indiens du nord pour ses belles étendues de plage mais aussi très appréciable pour ses jolies rizières et anciennes demeures datant de l’ère coloniale portugaise).

A quoi ressemble une journée ordinaire ?
Ma « journée type » consiste à prendre un Uber ou une « auto » (c’est ainsi qu’on appelle les « rickshaw » ici) pour me rendre auAnais travail (une autre solution serait de louer un scooter, alternative ô combien tentante mais peut-être suicidaire au vu du trafic à Bangalore). La seule spécificité de ma journée de travail qui mérite d’être mentionnée est le déjeuner.  Ici, pas question de garder son assiette pour soi. Chacun pose son repas sur la table. Ainsi, tout le monde goûte ce qui a été cuisiné par les autres (même s’il faut avouer que mes pâtes au pesto ne remportent pas un franc succès, ni même ma purée au lait de coco).
Ensuite, je rentre chez moi après une heure coincée dans les bouchons, sous 30 degrés. Bien que le soleil se couche tôt – aux alentours de 18h30 – Bangalore offre de nombreuses possibilités pour occuper ses soirées (cinéma, concerts, restaurants), ce qui est d’autant plus faisable que le prix de la vie est deux à trois fois plus faible qu’en France.

Quelles sont tes impressions les plus marquantes ?

Je crois que ce qui m’a marqué – et qui continue de me marquer le plus – c’est d’avoir la constante impression qu’ici tout est compliqué, mais pas impossible (c’est d’ailleurs ce que le premier indien que j’ai rencontré, dans l’avion, m’avait dit). Quand vous demandez une information à quelqu’un, il essaiera de vous aider à tout prix, même s’il n’a aucune idée de la bonne réponse. Cela débouche sur des situations plus ou moins comiques (en fonction de votre humeur), comme la fois où j’ai arpenté une même rue pendant une heure avant de trouver le bon bâtiment. De même, il semble toujours plus ou moins possible de vous accommoder des règles.

Existe-t-il un mot ou une expression intraduisible en français ? 
Malheureusement, je n’ai que très peu de connaissances sur la langue locale, le kannada. Il est en effet très facile de parler anglais ici.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à ceux qui aimeraient partir ?
La vie en Inde est très différente en fonction d’où vous décidez de vous installer. Renseignez-vous bien sur le climat, la taille de la ville, la population et je dirais même le niveau de pollution (je ne me serais pas vu vivre à Delhi par exemple).
Ensuite, essayez d’avoir quelques contacts avant d’arriver, cela rassure et aide beaucoup. Si jamais vous pouvez trouver un logement (je vous conseille la colocation) avant d’arriver, cela vous évitera beaucoup de stress et vous aidera à vous sentir bien plus rapidement.

Avant de partir, si j’avais su j’aurais…
Réfléchi à deux fois avant d’entreprendre un stage au sein de l’administration indienne. En effet, ce n’est pas ce que j’espérais en terme de dynamisme et de compétences professionnelles.

D’un côté beaucoup plus matérialiste, si j’avais su j’aurais pris une moustiquaire dans ma valise afin de ne pas être réveillée en pleine nuit par les piqûres – même si ça n’arrive peut-être pas à tout le monde.

 

Pendant ce voyage ou séjour, tu en profites pour…

Apprendre ! Au semestre dernier, j’étais en Norvège en tant qu’étudiante Erasmus. J’en ai beaucoup profité pour voyager mais, depuis que je suis en Inde, ce n’est plus ma préoccupation première. Quand je suis arrivée en Inde, j’ai eu tout de suite l’impression qu’il fallait que j’apprenne beaucoup de choses si je voulais comprendre et intégrer la culture locale. Plus j’interagis avec les locaux, plus je me rends compte que je ne connaissais finalement pas grand chose à ce pays il y a encore deux mois. Par exemple, en Europe, on parle beaucoup de Gandhi qui, certes, s’est battu de manière incroyable pour l’indépendance de son pays. Cependant, on a complètement fait l’impasse sur Ambedkar, personnage tout aussi, si ce n’est plus, important ! Ambedkar a en effet un parcours unique dans la mesure où il venait de la caste des « dalits », les intouchables, mais c’est pourtant à lui qu’on a fait appel pour rédiger la Constitution indienne. À travers cette Constitution, Ambedkar a sacralisé des valeurs pour lesquelles il s’est battu toute sa vie, telle que l’égalité, qui est malheureusement encore trop peu appliquée aujourd’hui en Inde.

Quels sont tes prochains projets ?
J’espère pouvoir rester en Inde jusque fin juillet, le temps de finir mon stage puis de voyager au nord de l’Inde, notamment dans la région du Cachemire.

En arrivant dans ce pays, je m’attendais à…
Même si j’avais essayé de ne pas me faire trop d’idée sur le pays, j’avais tout de même des idées préconçues avant d’arriver. Ayant voyagé pendant deux semaines en Angleterre juste avant, je pensais retrouver sensiblement la même ambiance. Je n’avais pas bien saisi à quel point l’Angleterre et l’Ecosse sont deux pays bien distincts ! Les Ecossais sont très fiers de leur nation, et gare à celui qui osera les appeler anglais !

Quelles sont tes impressions les plus marquantes ?
La découverte des Highlands, c’est-à-dire la partie Nord de l’Ecosse. J’ai rarement ressenti aussi fort une telle sensation de liberté. Les espaces sont presque vides de toute civilisation et on est seuls sur la route pendant des heures. Les routes permettent souvent de s’arrêter sur le bord quand on le souhaite pour observer un point de vue, et ceux-ci sont nombreux ! Et surtout, les quelques personnes que l’on rencontre dans les Highlands sont toujours chaleureuses et prêtes à nous aider. La découverte de l’accent écossais aIMG_1748 aussi été surprenante. On m’en avait parlé mais je ne m’attendais pas à une intonation aussi forte ! Arrivée à Edimbourg, j’ai pu avoir un aperçu de l’accent, agréable à l’oreille et plutôt aisé à comprendre. A Glasgow, l’accent y est plus difficile à saisir, et dans les Highlands j’ai parfois cru découvrir un nouveau langage !

Existe-t- il un mot ou une expression intraduisible en français ?
« Cheers » : cela peut signifier différentes choses en fonction du contexte. On le dit pour remercier, dire au-revoir, ou pour trinquer ! On peut dire qu’un étranger qui commence à dire cheers est bel et bien intégré !

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à ceux qui aimeraient partir ?  
Pour moi, la meilleure façon de découvrir l’Ecosse est de s’y rendre en voiture. Les voyages organisés pour les étudiants internationaux sont très bien, mais voyager en car sans avoir la possibilité de s’arrêter où l’on souhaite peut gâcher l’expérience. De plus, prendre la voiture permet d’atteindre des points de départ de randonnées difficiles d’accès en transports en commun.

Avec ce voyage ou séjour, j’en profite pour…
Me remettre au sport ! Edimbourg est une ville parfaite pour cela. L’université donne accès, à faible prix, à un complexe sportif très luxueux, et la ville dispose de plusieurs grands parcs. J’ai aussi pu me découvrir une passion pour la randonnée en montagne.

En arrivant au Chili, je m’attendais à…

Un grand dépaysement culturel et linguistique, à une société pleine de la chaleur latinoaméricaine qu’on idéalise souvent en Europe, où l’on danse la salsa dans la rue jusqu’à la tombée de la nuit. Finalement, il faut avouer que le choc n’a pas été vraiLa Moneda - Santiagoment radical. Le Chili est avec l’Argentine et l’Uruguay le pays d’Amérique du Sud le plus « européisé ».

Les beaux quartiers de la capitale, Santiago, où j’ai vécue six mois, sont très similaires aux nôtres, si on occulte les nombreux gratte-ciels et les palmiers. Par contre, les quartiers moins riches de la capitale apportent eux beaucoup plus d’étonnement.

Quant à la chaleur latino-américaine, en effet les Chiliens sont des personnes très accueillantes et sympathiques mais sans tomber dans le cliché que je pouvais avoir. Ils ne dansent pas énormément la salsa mais plutôt la cumbia, la cueca (danse traditionnelle) ou le reggaeton. L’année dernière, une amie chilienne m’avait dit que les Chiliens étaient les Européens d’Amérique du Sud car ils ne dansaient pas aussi bien que leurs voisins Colombiens ou Argentins, et je crois pouvoir le confirmer partiellement.

A quoi ressemble une journée ordinaire au Chili ?

La vie à Santiago (métropole qui concentre le tiers de la population chilienne)  peut être très différente de celle vécue dans les régions, dont je ne peux pas parler. Concernant la capitale, la journée commencerait dans le bruit, l’animation et la pollution, la ville étant congestionnée et enfumée par les véhicules toute l’année, ce qui entraîne un « smog » (brouillard) qui masque la Cordillère des Andes entourant la ville.

Si vous décidez de prendre le métro, il faudra rester patient, il est totalement bondé en heure de pointe, au point qu’il n’est pas rare de laisser passer quatre-cinq rames avant de pouvoir se faufiler. Idem pour le trajet du retour le soir.

Si c’est l’été (décembre à mars), il faudra aussi supporter une journée très chaude, avoisinant les 30-35 degrés, que la pollution et le manque d’air dans une ville en cuvette comme Santiago ne feront qu’aggraver. D’ailleurs, pour se protéger du soleil chilien très fort et de ses rayons UV dû à une couche d’ozone très fine, certains Chiliens mettent de la crème solaire chaque jour, afin d’éviter de se retrouver « quemado » (brûlé).

Un mot courant et intraduisible en français ?

Un mot que les Chiliens disent énormément est « buena onda ». Son sens réel est difficilement traduisible, il sert à caractériser une personne « cool », sympathique, drôle, avec qui il fait bon passer du bon temps. La version contraire, « mala onda » est bien sûr aussi possible.

Si j’avais su, j’aurais…

Amené plus de produits français ici, culinaires dans les moments où une envie de cuisine française se faisait sentir, ainsi que des produits basiques, comme les produits d’hygiène, de beauté, qui sont plus chers ici, surtout si ce sont des produits français importés. J’aurais également revu mon budget à la hausse, la vie au Chili étant aussi chère qu’en Europe, voire plus pour la nourriture en supermarché par exemple.

http://jactiv.ouest-france.fr/campus/billet-bout-monde-constance-au-chili-73095

 

En arrivant en Afrique du Sud, je m’attendais à…

Un sacré choc. On ne peut pas dire que j’ai été déçu sur ce point. Je partais avec un mélange de curiosité pour cette société en pleine reconstruction post-apartheid et riche de sa dizaine d’ethnies, mais aussi une certaine appréhension. Si la ville du Cap semblait remporter les suffrages de nombreux voyageurs, l’ensemble urbain de Pretoria-Johannesburg, où j’allais effectuer mon stage, bénéficiait d’une publicité nettement moins réjouissante en particulier à cause des risques sécuritaires. J’ai d’ailleurs été accueilli par un briefing de sécurité peu rassurant dans ma structure de stage, l’ambassade de France à Pretoria. Victime d’une agression au volant dès mon deuxième jour dans la ville, on peut dire que la mise en condition a été particulièrement rapide.

A quoi ressemble une journée ordinaire en Afrique du Sud ?

La société sud-africaine est tellement fragmentée et inégalitaire qu’il est impossible de dresser le portrait d’une journée type pour un/e sud-africain/e. La couleur de peau et l’ethnie restent malgré la fin de l’apartheid les principaux critères de répartition des richesses et du pouvoir, et bien souvent des cloisons très peu poreuses entre les différentes communautés. La journée ordinaire d’un habitant du township de Soweto doit en conséquence être bien différente de celle d’un fonctionnaire bien placé de Pretoria, et à mille lieues de celle des sud-africains les plus nantis, et ce n’est pas après quelques mois seulement que je pourrais avoir la prétention de tenter de les décrire. Sans parler des différences de style de vie entre les villes, qui ont pu par exemple me donner l’impression de changer de pays en mettant les pieds au Cap après plusieurs mois à Pretoria-Johannesburg. Je me concentrerais donc sur la journée ordinaire d’un expatrié européen dans la capitale. En Afrique du Sud, le soleil se lève très tôt, très tôt. Même si vous ne vous réveillerez surement jamais à 5h30 comme vos colocataires afrikaners pour aller à la salle de sport avant le travail, vous vous résoudrez vite à oublier les grasses matinées. Une fois les murs électrifiés et la « gate » sécurisée de votre maison dépassés, vous éviterez de marcher pour vous rendre au travail, préférant utilisez une voiture ou un Uber, même pour de courtes distances. Pour votre pause déjeuner, vous vous rendrez probablement dans un « Mall », un centre commercial, quasiment l’un des seuls endroits où marcher en sécurité. Le soir, vous éviterez de sortir après le coucher du soleil, hormis pour vous rendre directement au bar ou au restaurant de votre choix, de préférence en groupe. Vous pourrez toujours vous échapper un peu les weekends dans les très nombreuses réserves et magnifiques parcs nationaux situés à quelques heures de route.

Existe-t-il un mot courant et intraduisible en français ?

« Chap », un mot zoulou exprimant une idée positive et la satisfaction. Attention, il s’agit d’un mot « noir », à ne pas utiliser avec les Sud-africains afrikaners, blancs…
Si j’avais su j’aurais…

Tenté de trouver un stage dans la ville du Cap, tellement plus agréable à vivre et vivante que Pretoria, où l’on se sent très vite enfermé. Ou raccourci d’un mois la durée de mon stage pour avoir le temps de mieux voyager un peu dans le pays pour profiter de ses incroyables paysages.

http://jactiv.ouest-france.fr/campus/billet-bout-monde-alexandre-au-cap-72401