Les Décloîtrés

Posts in the Amérique du Nord category

Happy but not scary Halloween !

Voilà déjà un mois que le Canada se pare de divers costumes pour célébrer Halloween. Des décorations toujours plus extravagantes fleurissent dans les jardins des maisons de campagne, des jardinets de la capitale fédérale, Ottawa. Voilà maintenant deux jours, que les Canadiens n’ont qu’un mot à la bouche « Halloween » pour les anglophones et « l’Halloween » pour les francophones. Car oui au Québec, on célèbre bien l’Halloween.

 

Halloween 1

 

Mais qu’est-ce qu’Halloween ? Bien que cette fête soit maintenant souvent attribuée aux Etats-Unis, elle vient pourtant de notre vieille Europe et de nos îles Anglo-Celtes (Grande-Bretagne, Irlande). Ce serait une relique de la fête de païenne de Samain qui marque le basculement dans une nouvelle année du calendrier celte. Je vais également vous mentionner une vieille croyance qui vient de chez nous, de Bretagne, célébrer l’Halloween le 31 octobre serait célébrer l’éveil des esprits des défunts durant cette nuit qui marque la veille de la Toussaint. Halloween s’est ensuite exportée sur le continent américain suite à la Grande famine d’Irlande, qui marqua l’arrivée de nombreux immigrants irlandais et écossais puis s’est popularisée dans le monde entier à partir du XXème siècle.
Tout cela pour vous dire qu’Halloween revêt différents sens selon ses origines.

Retour à Ottawa, nous sommes le 30 octobre, veille de l’Halloween et déjà on peut apercevoir à travers la ville Ottawa des jeunes (et moins jeunes) se balader déguisés. Squelettes, zombies, sorcières, fillette, superman, tout y passe. Des soirées spéciales sont données dans tous les bars de la ville.

Nous sommes le samedi 31 octobre, date enfin tant attendue de la soirée Halloween. Dans tous les lieux de la ville, jusqu’à même l’église Saint Brigid (St Brigid’s Church), une ancienne église catholique irlandaise construite en 1890. C’est vous dire l’ampleur de cette célébration de l’Halloween au Canada.

Alors oui, le Canada est certes un pays nord-américain frontalier des Etats-Unis qui restent moteurs dans la tradition et la célébration d’Halloween dans le monde mais notre Canada reste tout de même éloigné de cette tradition américaine. Certes, il y a plus de maisons décorées, plus de personnes qui se déguisent pour fêter Halloween, peut-être plus d’enfant qui descendent dans les rues clamant « Trick or treat » pour ramasser des bonbons. Mais il reste que la grande majorité des maisons de la capitale canadienne n’était pas décorées.

 

Halloween 2

 

Oui, Halloween est plus célébré au Canada qu’en France mais ici c’est un formidable prétexte pour faire la fête. Halloween, c’est l’occasion rêvée et unique chaque année de faire un scary-selfie !

Oui les bars, boites de nuit surfent sur la vague Halloween le mois précédent la nuit du 31 octobre, à gros coup de campagnes et d’événements sur les réseaux sociaux. La grande distribution arbore des bacs entiers de citrouilles, potimarrons à l’entrée de ses magasins et les boutiques aussi décorent généralement leur vitrine pour attirer l’œil du consommateur. Il reste que la plupart du temps, les décorations ne font preuve d’aucune originalité, on retrouve toujours les mêmes rubans « Caution » sur toutes les maisons, les mêmes toiles d’araignées, les mêmes squelettes. Mais ici on aime ça l’Halloween.

Célébrer Halloween ce n’est pas que se déguiser de sorte à effrayer son entourage au Canada. Non, maintenant il faut être sexy ! Si bien que, dans les boites d’Ottawa, on a plus vu des cowgirls, des policières, des supportrices, des licornes toutes sexy que de d’effrayantes sorcières, zombies, fantômes et squelettes. Du côté des hommes, les déguisements sont autres mais vous pouvez être un sheriff, Superman, un pingouin, un marsupilami, un Télétubbies… A vous de choisir. Halloween reste l’occasion en cette fin d’année où les jours raccourcissent de rigoler et de passer une soirée pas comme les autres en attendant Noël.

En somme, fêter Halloween au Canada est l’occasion parfaite pour sortir avec ses amis dans une boite ou un bar. Le déguisement est de rigueur mais sa version effrayante tend à disparaitre. Halloween serait-t-elle une « fête » sans âme ? Ou peut-être son âme est-elle réincarnée par les un fantôme arpentant les rues le 31 octobre ?

 

Par Lucie Watson, Canada

Au pays des chiens de traîneaux

Par Lauriane Perrigault & Florie Cotenceau

Canada. Moins 15 degrés Celsius. Nous sommes en décembre 2014 et je pars à la découverte du Grand Nord de la province québécoise. Équipée de quatre à cinq couches de vêtements et de trois paires de chaussettes (l’intérêt étant de survivre au voyage), je m’apprête à traverser des kilomètres de neige. Mon transport ? Les chiens de traîneaux.

12065495_1020781767972711_7896812189730930977_n      12143108_1020781771306044_230454988857408961_n

Tout périple en neige commence dans une pourvoirie. Il s’agit d’un établissement offrant des services et équipements nécessaires à la pratique de la chasse, de la pêche, du trappage (capture d’animaux sauvages à l’aide de piège), et bien entendu, des voyages en chiens de traîneaux, dit « traîneaux à chiens » en québécois. Nous nous rendons dans le chenil, il comporte pas moins de 76 chiens. Les animaux sont en extérieur car ils sont des habitués du grand froid, ils sont donc à l’aise entre – 5 et – 20 degrés. Au-dessus de 0 degré, il fait trop chaud pour ces braves bêtes, en dessous de moins 30, ils ressentent (enfin) le froid.

Le guide répartit ensuite les traîneaux en fonction de la corpulence et de la taille des personnes. Ceci fait, nous avons la lourde tâche d’aller chercher les chiens dans leur niche. Nous devons les faire avancer en les faisant tenir sur leurs pattes arrière pour ne pas qu’ils s’échappent, car lorsqu’ils comprennent qu’ils partent en balade, ils sont vraiment très excités ! Une fois tous les chiens installés – un traîneau comprenant de 6 à 9 chiens – nous nous élançons. Dans ce voyage au Grand Nord, nous sommes 6 traîneaux (chacun comportant deux personnes) à faire le trajet ensemble. Je partage le mien avec une de mes amies : Alina. En troisième position, les ennuis ne tardent pas à arriver. Les chiens de traîneaux de celui de derrière rattrapent les miens et les cordes s’emmêlent les unes aux autres. Il est donc très difficile d’arrêter son traîneau pour les démêler, le seul frein possible étant notre voix et ce sont souvent les chiens qui ont le dernier mot. Pour ajouter une complication, le « musher » (le conducteur) ne peut pas descendre de son traîneau car il fait contrepoids. Par chance, les chiens de mon traîneau ont finalement accéléré et les cordes se sont démêlées sans problème.

Le trajet continue et on apprend doucement à se stabiliser sur les traîneaux. Par exemple, pour tourner, on doit bien le faire ralentir pour ne pas se renverser. Concernant la direction, pas de volant, juste un cri différent suivant le chemin voulu. « Ah » pour la gauche, « Tchi » pour la droite.

Petit moment de répit avant que n’intervienne une « situation d’urgence » pour le traîneau qui ouvre la voie. Un chien a eu peur d’un ruisseau et a fait stopper brutalement tout l’équipage. Diane, la passagère, doit tirer les chiens pour les faire traverser le ruisseau. Une tâche ardue quand on imagine neuf chiens bien décidés à ne pas avancer. Le deuxième groupe rattrape alors le premier, les cordes s’emmêlent, et me voilà qui arrive dans le tas avec mon traîneau. Tout va très vite et je me retrouve les boots dans le ruisseau. Le risque de « bataille » est alors très grand. En effet, les chiens peuvent être très « friendly » (doux et affectueux) avec l’homme mais très agressifs et dangereux entre eux. Ils peuvent se battre à mort s’il l’un d’eux ne se soumet pas au dominant, c’est la raison pour laquelle les chiens sont toujours attachés. En règle générale, ils ne se battent pas lorsqu’ils courent ou pendant la nuit. Hors, en pleine journée et avec trois traîneaux à l’arrêt, nous risquons une bataille entre plus d’une vingtaine de chiens. Et, alors que les cordes sont toujours emmêlées et que le guide appelle des renforts à coup de « situation urgente !  » dans son talkie walkie, l’un des chiens attrape un autre au cou. Le sang coule sur la neige et j’essaie de mettre un coup de pied pour les séparer. Une solution qui peut sembler excessive mais tous les coups sont permis pour arrêter des chiens prêts à se battre jusqu’à la mort. Enfin, le dominant relâche l’autre husky. Celui-ci a dû se soumettre.

Mon traîneau repart en tête de cortège une fois le drame évité. Il fait sombre car la lune éclaire peu (rappelons qu’il est seulement 16 heures) et je n’ai clairement aucune idée d’où aller. Les chiens commencent à fatiguer. Je dois faire de la « trottinette », c’est-à-dire, laisser un pied sur le traîneau et pousser avec le second pour les aider à avancer. Pas question de s’emmêler de nouveau avec le traîneau de derrière !

Le guide nous crie « gauche et droite » à la fois ! Traduction : lorsque l’on voit un abri à gauche, il faut tourner à droite. Du moins, c’est ce que nous supposons. Cela s’avère être la bonne direction. Ouf ! La fin du trajet se termine dans un refuge. Première tâche, détacher les chiens de traîneaux et les accrocher à des arbres où des chaînes sont prévues. Ils vont passer la nuit dehors sans problème. Un repas bien mérité s’impose, à base de morceaux de viande glacé (pour les chiens évidemment). Il faut veiller à ce que chacun ait le sien, pour éviter de les exciter. Pour nous, direction le refuge. Il y fait 8 degrés à l’intérieur et les toilettes sèches sont à l’extérieur. Heureusement, un poêle va rapidement faire augmenter la température, celle-ci monte à 27 degrés après (seulement) quatre heures. Au milieu du parc des Appalaches, on entend des hurlements proches de ceux des loups. Un bon repas nous a été apporté en motoneige et on profite de ce moment pour se reposer de la première journée bien mouvementée.

Deuxième journée. Réveil à 7h30 avec les courbatures de la veille au niveau des bras à force d’avoir retenu les chiens sur une douzaine de kilomètres ! On repart sur les traîneaux. Je fais toujours équipe avec Alina mais six de nos chiens roux sont échangés par des chiens au poil noir et blanc. On voit donc le « checkeur » partir à regret pour un autre troupeau. Le « checkeur » est le surnom que l’on avait donné à l’un de nos chiens de l’arrière du traîneau qui se retournait sans cesse pour vérifier qu’on les suivait.

Nouveau départ. La piste est bien plus enneigée que la veille. Nouvelle embûche autour d’un virage à droite. Le traîneau se prend dans une souche d’arbre recouverte par la neige. On s’arrête brusquement. Faisant contrepoids, je ne peux pas quitter mon poste. Le fils du guide vient m’aider, et je ne vois pas le traîneau repartir. N’étant plus dessus, je cours et saute pour le rattraper. C’est reparti ! À la moitié du trajet, je passe de « musher » à passagère. Les sensations sont très différentes, la vitesse et les secousses paraissant bien plus effrayantes mais la vue est sublime ! Preuves à l’appui.

Photo article traineauxx

Écolo… quoi ?

Nina Le Duc, Ottawa, Canada

 

Après ces quelques mois passés sur le sol canadien, force est de constater que oui, les Canadiens sont vraiment des gens agréables et altruistes ; mais non, l’environnement, le gaspillage, le réchauffement climatique, en gros les problématiques écologiques actuelles, cela ne leur parle pas trop.

image écolo quoi

Pulse Room, musée d’art contemporain de Montréal

C’est bien connu, les Canadiens ont peur du noir (ou pas) !

Vous souvenez-vous de l’épisode 11 de la saison 4 de la série How I Met Your Mother ? Celui où Marshall et ses amis du Minnesota font des blagues bien lourdes à propos des Canadiens, dont une concernant le fait que ces derniers ont peur du noir. Et de la réponse de Robin niant ce fait ridicule. Et bien pourtant, Marshall avait raison ! Tous les soirs quand je rentre chez moi, je retrouve chaque pièce de ma maison avec la lumière allumée. Tous les soirs avant de me coucher, j’éteins soigneusement toutes les lumières. Et tous les matins en me réveillant, je découvre à nouveau une dizaine d’ampoules allumées. Quelques jours après mon arrivée, je décide d’en parler à l’une de mes quatre colocataires canadiennes, sans omettre de faire une petite blague à propos de la légendaire peur du noir des Canadiens. (suite…)

Vancouver Parano

Salvade Castera, Vancouver, Canada

 

Le Canada a souvent une réputation de pays de « gentils Bisounours ». Les gens y sont sympathiques, le taux de criminalité y est bas et les Américains s’y moquent, souvent gentiment, des Canadiens pour leur grande politesse et leur façon d’éviter les conflits.Après quelques mois passés à Vancouver, je peux constater que c’est en bonne partie vrai. Je me sens toujours en sécurité dans la rue, même très tard le soir, et tous les Canadiens que j’ai croisés se sont toujours montrés aimables.

Mais Vancouver a aussi son côté plus « sulfureux » qui reste assez peu connu à l’étranger. En effet, la ville est parfois surnommée la « Amsterdam d’Amérique du Nord » tant il est facile d’y trouver du cannabis et la consommation y est rentrée dans les mœurs.

I love Van (suite…)

La saison de la citrouille

Tout a commencé lorsque Julia, ma colloc, a débarqué un beau matin, une énorme citrouille à la main. Nous sommes fin septembre, après tout, faisons comme si c’était normal ! Intriguée je lui demande si c’est pour Halloween et elle me répond : « No, it’s fall, Pumpkin is baaaack ! » (= non c’est l’automne, la citrouille est de retour !) De plus en plus interloquée, je lui demande quelques explications et elle me raconte alors qu’ici aux États-Unis, et d’autant plus en Nouvelle-Angleterre, l’automne est la saison de la citrouille. Et, en effet, je ne tarde pas à m’en apercevoir par moi-même. Magasins, cafés, boutiques, restaurant du campus, tous sont envahis par la fameuse cucurbitacée orange.

Citrouille 1
Une origine historique
A la fin du XIXe siècle, lors d’une vague massive d’immigration, les Irlandais apportèrent aux États-Unis une tradition païenne nommée Halloween. Ils avaient pour habitude de creuser des rutabagas ou des navets et d’y mettre une lanterne mais ces légumes furent remplacés par le potiron, une fois sur le continent américain. Ainsi, elle est un des symboles les plus connus d’Halloween mais c’est aussi une composante essentielle de tout repas de Thanksgiving qui se respecte. Cette fête nationale commémore l’arrivée des pèlerins aux États-Unis, qui, opprimés à cause de leur pratique séparatiste de la religion anglicane, ont fui l’Angleterre. Le premier hiver décima la moitié du groupe. Les pèlerins décidèrent alors de signer un traité de paix avec les Amérindiens qui les aidèrent et leur enseignèrent comment survivre sur cette terre qu’ils ne connaissaient pas. Que vient faire le potiron dans tout cela alors ? Et bien le potiron est issu du fruit de la première récolte des pèlerins ! C’est pourquoi aujourd’hui encore, le repas traditionnel de Thanksgiving, célébré chaque année le quatrième jeudi de novembre, ne peut se faire sans pumpkin pie (délicieuse tarte au potiron). (suite…)