Les Décloîtrés

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Depuis le début de la semaine, les négociations menées par le leader du PSOE (parti socialiste) pour former le gouvernement espagnol s’intensifient. Il se présentera en effet à l’investiture à la présidence du gouvernement dans moins d’une semaine, le 1er mars.

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©REUTERS/Chema Moya/Pool

Le 2 février, le roi Felipe VI a chargé Pedro Sanchez, dont la formation politique est arrivée deuxième aux élections, de former un gouvernement.

Pour obtenir la majorité nécessaire, Pedro Sanchez doit obtenir le soutien d’autres formations politiques puisque son parti n’a obtenu que 90 députés lors des élections générales du 20 décembre 2015. Il négocie donc à la fois avec la gauche et le centre-droit.

Lundi 22 février, le PSOE a initié des négociations avec trois partis de gauche : Podemos (parti de gauche radicale), IU (coalition de gauche incluant le parti communiste) et Compromís (coalition valencienne), pour un « gouvernement progressiste« , alternatif au gouvernement actuel du PP (Parti populaire, de droite). Les négociations, qui se poursuivent mardi et aujourd’hui, se concentrent d’abord sur le programme ; la composition du futur gouvernement ne sera abordée qu’ensuite. Cependant, un tel gouvernement à quatre autour des socialistes ne réunit que 161 voix et n’atteint pas les 176 voix requises pour avoir la majorité absolue.

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C’est pourquoi Pedro Sanchez mène en parallèle des négociations avec Albert Rivera, le leader du parti de centre-droit Ciudadanos, ainsi que PNV (parti nationaliste basque) et CC (coalition canarie). Elles ont abouti hier à un accord pour signer un pacte de législature entre le PSOE et Ciudadanos, soumis aujourd’hui aux directions exécutives des deux partis. Cet « accord pour un gouvernement réformiste et de progrès » prévoit notamment de supprimer les gouvernements provinciaux, de ne pas augmenter les impôts, de garantir les droits sociaux et de ne pas organiser de referendum d’autodétermination (pour l’indépendance de la Catalogne). Ciudadanos s’engage ainsi à soutenir l’investiture de Pedro Sanchez, alors qu’il y était auparavant opposé. Ce pacte assurerait 130 votes et nécessiterait donc l’abstention du PP (123 voix) ou de Podemos (69 voix).

Celle-ci sera difficile à obtenir car le pacte a été vivement critiqué par Pablo Iglesias, leader de Podemos, qui le juge incompatible avec son propre programme politique. IU condamne aussi le pacte, « contraire aux intérêts des classes populaires ». Les deux formations de gauche acceptent néanmoins de poursuivre les négociations en vue d’un accord avec les socialistes pour un gouvernement de gauche.

Un soutien du PP n’est pas non plus acquis. Tout en maintenant une offre de grande coalition PP-PSOE-Ciudadanos, le parti de droite refuse catégoriquement de soutenir tout projet qui écarterait son leader, Marano Rajoy, de la présidence du gouvernement.

Pedro Sanchez n’est donc pas encore assuré d’obtenir le nombre de voix nécessaires à son investiture à la présidence du gouvernement. Les débats au Congrès des députés s’ouvriront le 1er mars, et le premier vote aura lieu le 3 mars. Le leader socialiste devra alors obtenir la majorité absolue des voix, soit 176, pour être élu. S’il n’y parvient pas, un second vote aura lieu le 5 mars, ne nécessitant cette fois qu’une majorité simple. En cas de nouvel échec, le roi Felipe VI pourra proposer d’autres candidats à l’investiture, tel que Marian Rajoy, qui avait renoncé temporairement à former un gouvernement fin janvier, faute de soutiens.

A compter du premier vote, le 3 mars, débutera un délai de deux mois au terme duquel l’assemblée sera dissoute si aucun président du gouvernement n’est élu. S’ensuivraient de nouvelles élections générales, le 26 juin. Soit plus de six mois après les précédentes élections du 20 décembre 2015…

Auriane Loizeau

Thomas Moysan, Florence, Italie

 

Voyager, c’est certes observer, goûter, rencontrer, partir à la découverte de nouveaux horizons. Mais c’est aussi comprendre le quotidien de ceux qui nous accueillent. En Italie, une chose que je voulais comprendre, c’était le désintérêt « structurel » pour la politique. Et puis il y a eu le 28 Février, la descente à Rome de la Lega Nord (Ligue du Nord), et comme une impression de « déjà vu »…

Dans les médias français, il en va de la politique italienne comme de la politique des autres pays de l’Union. Quand les enjeux ne sont pas européens (et a fortiori quand ils ne concernent pas la France au premier plan), on en parle peu, voire pas du tout. Étant donné le fouillis scénaristique du show politique que l’Italie s’écrit elle-même chaque jour, il est difficile de le blâmer. Les Italiens eux-mêmes se sont fait une raison. Rares sont les nations où la fracture entre les politiques et leurs concitoyens s’est autant consumée. À défaut de partager le même cadre institutionnel et historique, les eaux politiciennes, des deux côtés des Alpes, sont pourtant agitées par les mêmes remous. Et dans les nimbes de l’Extrême-Droite, l’Italie semble vouloir rejoindre la France vers des horizons orageux. (suite…)

«Ho un sacco di fame !»

Thomas Moysan, Florence, Italie
Vous me direz que la «cucina italiana» est un cliché. Certes. Mais, c’est surtout une composante fondamentale de l’identité de l’Italie. Quand je parle de cuisine, je veux vous parler de tout ce qui y touche de près ou de loin, du choix des aliments jusqu’au repas en lui-même — véritable sacrement quotidien et première institution familiale — en passant par l’acte de cuisiner. Ce qui relève bien souvent d’un savoir-faire intime et personnel. L’Italie aime cuisiner et elle en est fière. Et à la vue des terrasses sans fin qui couvrent le pavé florentin, elle a réussi à en faire un culte international.
C’est bien simple : depuis que je suis en Erasmus à Florence, quand je ne suis pas à l’Université ou à esquiver les touristes dans le centre historique, je suis devant ma cuisinière, ou dans les allées des «(super)mercato» à choisir le bon fromage, le bon type de pâte, le bon vin ou la bière qui ira parfaitement pour l’«aperitivo» du soir. Dire qu’avant tout ça me passait au-dessus de la tête…
S’il vous prend un jour de vous essayer à l’italienne, ne retenez que ceci : «Les choses les plus simples sont les meilleures !» Du moins tant que vous avez quelques ingrédients de base et un minimum de temps à y consacrer. Car les choses les plus simples peuvent aussi se révéler les plus hasardeuses. Prenez une simple recette de pâtes à l’huile et vous verrez que vous mettrez du temps avant de trouver la bonne huile, les bonnes pâtes et surtout les bons dosages ! Vouloir réussir des pâtes à l’«amatriciana» (En bref, tomates, lardons, fromages) peut vite voir votre cuisinière se transformer en laboratoire de chimie. «Un peu plus d’eau? Ou d’huile ? Ouais, mais combien ? Manque de sel, nan ? Quoi, des épices ? Du curry ? Bah, pourquoi ? Ah, si, en fait, c’est meilleur comme ça !»
Bon d’accord ! Avec tout ça, on finit un peu perfectionniste sur les bords. Mais c’est bien peu de choses quand vient l’heure de passer à table, croyez-moi !
Sur ce, je vous laisse, j’ai un truc sur le feu !