Les Décloîtrés

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Michael, étudiant brésilien, effectue une année de mobilité à SciencesPo Rennes. Il nous raconte son expérience bretonne.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Michael Texeira, je suis brésilien et j’étudie depuis deux ans le droit à l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro au Brésil. Je suis venu à l’IEP pour passer le certificat d’études politiques, c’est comme votre 3e année à l’étranger à Sciences Po Rennes.

Pourquoi avoir choisi la France ?17022105_10208583358805164_7626788289763231920_n
Depuis très jeune je rêvais de faire mes études à l’étranger. J’étudie au Brésil dans une université publique, ce qui est plus dur par rapport à l’enseignement privé qui est beaucoup plus répandu. Pour entrer dans ma fac j’ai dû passer l’équivalent du baccalauréat. Je parlais déjà couramment anglais et espagnol mais je voulais apprendre le français donc j’ai choisi de venir étudier en France. En plus, j’ai étudié la culture française avec une professeure qui avait fait toutes ses études en France et c’est elle qui m’a convaincu de venir ici, même si je n’avais jamais eu de contact avec la culture française avant.

En arrivant en France, à quoi t’attendais-tu ? Est-ce que quelque chose en particulier t’a surpris ?
Tout le monde me disait qu’en Bretagne il allait y avoir beaucoup de pluie. Mais quand je suis arrivé, en septembre il n’y avait que du soleil et il faisait chaud. On me disait « Michael, tu as pris le soleil brésilien carioca avec toi ! ». Il faisait même moins chaud au Brésil au même moment ! J’espérais être bien reçu et ça a été le cas. Je voudrais dire merci à l’association Zéphyr qui accueille les étudiants étrangers, et surtout à Chloé Iacono et Solène Touchard de m’avoir amené à la Cité Universitaire où j’habite aujourd’hui. J’y ai trouvé des gens de tous horizons car Rennes est une ville pleine d’étudiants étrangers. On m’avait dit que les Bretons étaient gentils et c’est bien vrai, j’ai reçu un accueil chaleureux, je me suis senti comme au Brésil !
Une chose m’a surpris, pendant ma première soirée à Rennes. Un jeune homme est monté tout nu sur l’horloge de la place des Lices, devant tout le monde ! Je pensais que les Français étaient pudiques, mais là je me suis senti dans une vraie ville universitaire !

Qu’est-ce qui te manque le plus du Brésil ?
Ma famille. Je viens d’une famille nombreuse, nous sommes sept enfants. J’ai deux neveux et une nièce, et une de mes sœurs est actuellement enceinte. Je suis déçu de ne pas pouvoir voir ma future nièce tout de suite lorsqu’elle naîtra. La nourriture me manque aussi, il est presque impossible de trouver de quoi faire de la cuisine brésilienne à Rennes. La chaleur ne me manque pas trop, mais la chaleur de mes amis, si ! Ici les gens sont un peu plus sérieux… jusqu’à ce qu’ils aient bu ! Mais j’ai quand même rencontré beaucoup de gens accueillants.
Enfin, ma vie politique active au Brésil me manque. Ici, j’analyse et j’étudie la science politique mais je ne suis pas un acteur politique actif.

Des conseils pour les étudiants qui voudraient venir en France ou pour ceux qui souhaiteraient sauter le pas et partir à l’étranger ?
Être ouvert à la diversité du monde d’aujourd’hui. Il faut comprendre qu’en voyageant, on découvre une autre culture. Rennes est une ville avec beaucoup de monde, multiculturelle, il faut savoir respecter tout le monde.
À l’IEP, il faut être préparé à beaucoup travailler, mais venir ici est une opportunité unique pour apprendre le français. Il faut aussi avoir de la patience avec l’administration française en général… Mais on peut compenser les inconvénients avec toutes les bonnes choses que l’on trouve en France : la nourriture, les galettes bretonnes, les plages, les apéros où tout le monde t’invite, les soirées… et aussi Sciences Po, l’une des meilleures institutions en France : très bien organisée, avec une bonne assistance aux étudiants. L’expérience à l’étranger dépendra de l’étudiant, de s’il cherche plutôt une expérience culturelle, académique, professionnelle ou interpersonnelle, avec des gens de tous les horizons !

 Les Décloîtrés sont allés à la rencontre de Joséphine Reischel, étudiante allemande en service civique à l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes. À seulement 22 ans, elle a déjà vécu en Italie et en Angleterre, et elle nous parle aujourd’hui de son expérience personnelle et professionnelle en France.

En quoi consiste ton service civique ?
Je travaille pour le service d’insertion et relations professionnelles, le service des relations internationales, et le double cursus franco-allemand. Je soutiens les deux services et je travaille aussi six heures pour le Crous à Beaulieu. J’ai aussi lancé des projets ici, comme le projet tandem (qui consiste à mettre en relation des étudiants français et étrangers pour que chacun puisse pratiquer une langue étrangère), et j’organise une soirée de Noël sur le thème de la culture allemande.

P15304278_10207860002601711_1544266753313201503_oourquoi as-tu choisi de faire ton service civique en France ?
J’ai toujours voulu aller en France. Après mon bac j’ai voulu travailler comme jeune fille au pair mais je ne parlais pas français. Je suis donc allée en Italie. J’ai commencé à apprendre le français, et après ma licence de traduction je suis venue ici.

En quoi cette année en France est-elle un atout pour ton projet professionnel ?
Je voudrais faire un master dans les sciences culturelles ou le management culturel après cette année de service civique. J’aime apprendre de nouvelles langues, cette année va donc m’aider à améliorer mon français. Je veux aussi regarder ce qu’il est possible de faire comme master binational, avec une année en France ou en Italie, et une année en Allemagne.

Penses-tu qu’une année de mobilité à l’étranger est aujourd’hui indispensable pour tout étudiant ?
C’est obligatoire à Sciences Po, mais je pense que c’est très bien pour tout le monde de faire ça car c’est une expérience unique, où l’on apprend beaucoup de choses à la fois sur soi-même et sur une autre culture. On apprend à s’adapter et c’est utile pour toute la vie !

As-tu rencontré des difficultés particulières quand tu es arrivée en France ?
Oui, c’était difficile au travail car mon français n’était pas très bon, mais j’ai progressé assez vite comme tout le monde parle français ici. J’ai été bien accueillie, tout le monde a compris que je ne parlais pas très bien français.
C’est un peu difficile de rencontrer des gens en étant en service civique, comme je suis toute la journée dans le bureau, beaucoup de gens passent mais j’ai seulement à leur indiquer à quelle porte ils doivent frapper… J’ai donc mis un peu de temps mais je commence quand même à connaître des gens maintenant.

Avais-tu des craintes ou des a priori avant de venir ?
Pas vraiment, car j’ai fait un Erasmus en Angleterre, et comme j’avais deux colocataires françaises, je connaissais déjà un peu la culture française.

… Donc tu parles allemand, italien, anglais et français ?
Oui, et j’ai même commencé l’espagnol car c’est très similaire avec l’italien !

Existe-t-il un système de service civique en Allemagne ?
Oui, ça fonctionne plus ou moins pareil. Beaucoup de gens le font après le bac et on peut faire ça dans le domaine du social, de la culture et de l’écologie.

Comment as-tu su que le service civique existait aussi en France ?
Je fais un volontariat franco-allemand, organisé par l’OFAJ (Office Franco-Allemand pour la Jeunesse) C’est un programme dans lequel nous sommes 18 allemands en France, et il y a 13 français en Allemagne. Nous avons aussi quatre formations ensemble au cours de l’année.

Qu’est-ce que tu préfères le plus en France ? Et qu’est-ce que tu n’aimes pas  ?
J’adore le fromage, mais je n’aime pas trop la pluie ici, il pleut beaucoup trop à Rennes !

Qu’est-ce qui te manque le plus ?
Ma famille et mes amis évidemment. J’habite seule dans une résidence ici et c’est un peu anonyme, j’ai habité dans une colocation avant et ça me manque un peu…

 

Propos recueillis par Agathe Foucher et Enaël Février