Les Décloîtrés

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En arrivant à Valparaiso, je m’attendais à …

Pas grand chose à vrai dire! Je ne m’étais pas beaucoup renseignée sur la ville, j’avais seulement entendu les expériences des 4ème année de Sciences Po Rennes à Valparaiso. Ce qui ressortait c’était avant tout une ville « artistique et pleine de couleurs », des soirées et une bonne ambiance.

J’ai effectivement trouvé une ville dynamique aux niveaux culturel et artistique, des gens très chaleureux. Mais Valparaiso c’est aussi une ville très engagée, rebelle, où les habitants n’hésitent pas à se mobiliser pour défendre la cause des Mapuche par exemple (peuple indigène du Chili).

Dans l’ensemble, je cherchais le dépaysement et à sortir de ma zone de confort. Aujourd’hui je peux dire que c’est chose faite!

A quoi ressemble une journée ordinaire à Valparaiso ?

La première chose à souligner c’est que le rythme de vie chilien est beaucoup plus détendu qu’en France. Le concept de ponctualité est plus relatif, surtout à l’université. Mais l’adaptation se fait très facilement!

Ce qui est très appréciable c’est qu’aucune journée ne se ressemble, tant il y a d’expositions, de concerts, de festivals où se rendre.

Si j’avais su j’aurais …

Emmené une tente Quechua! C’est assez courant de partir camper pour le weekend dans les parcs naturels. Or, ici pas de Décathlon, le budget camping est donc plus conséquent!

L’habitude la plus surprenante …

La vente informelle d’objets et de nourriture en tout genre dans la rue. On trouve énormément d’étals à même le trottoir et il n’est pas rare de voir des télécommandes disposées à côté d’avocats, de pansements et de chocolat.

Cette année j’en profite pour …

Découvrir de nouvelles contrées ! Le voyage est une partie essentielle de l’année à l’étranger et je compte bien mettre à profit chaque période de congés. J’ai déjà pu aller au Pérou et en Bolivie, et je n’avais jamais connu une telle expérience jusqu’à présent. Avec d’autres étudiantes de Sciences Po, nous avons eu l’occasion de passer 23h dans le bus pour traverser une partie du Chili… ma vision des distances a clairement été bousculée ici !

 

Enaël Février

En arrivant au Chili, je m’attendais à…

Un grand dépaysement culturel et linguistique, à une société pleine de la chaleur latinoaméricaine qu’on idéalise souvent en Europe, où l’on danse la salsa dans la rue jusqu’à la tombée de la nuit. Finalement, il faut avouer que le choc n’a pas été vraiLa Moneda - Santiagoment radical. Le Chili est avec l’Argentine et l’Uruguay le pays d’Amérique du Sud le plus « européisé ».

Les beaux quartiers de la capitale, Santiago, où j’ai vécue six mois, sont très similaires aux nôtres, si on occulte les nombreux gratte-ciels et les palmiers. Par contre, les quartiers moins riches de la capitale apportent eux beaucoup plus d’étonnement.

Quant à la chaleur latino-américaine, en effet les Chiliens sont des personnes très accueillantes et sympathiques mais sans tomber dans le cliché que je pouvais avoir. Ils ne dansent pas énormément la salsa mais plutôt la cumbia, la cueca (danse traditionnelle) ou le reggaeton. L’année dernière, une amie chilienne m’avait dit que les Chiliens étaient les Européens d’Amérique du Sud car ils ne dansaient pas aussi bien que leurs voisins Colombiens ou Argentins, et je crois pouvoir le confirmer partiellement.

A quoi ressemble une journée ordinaire au Chili ?

La vie à Santiago (métropole qui concentre le tiers de la population chilienne)  peut être très différente de celle vécue dans les régions, dont je ne peux pas parler. Concernant la capitale, la journée commencerait dans le bruit, l’animation et la pollution, la ville étant congestionnée et enfumée par les véhicules toute l’année, ce qui entraîne un « smog » (brouillard) qui masque la Cordillère des Andes entourant la ville.

Si vous décidez de prendre le métro, il faudra rester patient, il est totalement bondé en heure de pointe, au point qu’il n’est pas rare de laisser passer quatre-cinq rames avant de pouvoir se faufiler. Idem pour le trajet du retour le soir.

Si c’est l’été (décembre à mars), il faudra aussi supporter une journée très chaude, avoisinant les 30-35 degrés, que la pollution et le manque d’air dans une ville en cuvette comme Santiago ne feront qu’aggraver. D’ailleurs, pour se protéger du soleil chilien très fort et de ses rayons UV dû à une couche d’ozone très fine, certains Chiliens mettent de la crème solaire chaque jour, afin d’éviter de se retrouver « quemado » (brûlé).

Un mot courant et intraduisible en français ?

Un mot que les Chiliens disent énormément est « buena onda ». Son sens réel est difficilement traduisible, il sert à caractériser une personne « cool », sympathique, drôle, avec qui il fait bon passer du bon temps. La version contraire, « mala onda » est bien sûr aussi possible.

Si j’avais su, j’aurais…

Amené plus de produits français ici, culinaires dans les moments où une envie de cuisine française se faisait sentir, ainsi que des produits basiques, comme les produits d’hygiène, de beauté, qui sont plus chers ici, surtout si ce sont des produits français importés. J’aurais également revu mon budget à la hausse, la vie au Chili étant aussi chère qu’en Europe, voire plus pour la nourriture en supermarché par exemple.

http://jactiv.ouest-france.fr/campus/billet-bout-monde-constance-au-chili-73095

 

Mazika – En paro

Le groupe de hip-hop et rap engagé Makiza a connu son heure de gloire dans les années 2000 avec ses tubes En Paro et La rosa de los vientos, et a inspiré des générations de jeunes Chiliens encore marqués par les exactions commises lors de la dictature de Pinochet.

La chanson En Paro contient une forte critique sociale dans ses paroles : « Souviens-toi que dans notre pays il n’y a pas d’esclaves, c’est pour cela que nous protestons le poing levé/ Ils nous demandent de nous taire mais critiquer, nous commençons tout juste à le faire ». Revenant sur le passé sombre du Chili, Ana Tijoux réclame « Une minute de silence pour ceux qui sont tombés, Villa Grimaldi, détenus, disparus. Un pays sans mémoire, est un pays sans Histoire », et affirme haut et fort qu’ « ils ont tué les gens mais n’ont pas tué l’idée, de créer un Front Lyrique près à se battre. »