Les Décloîtrés

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Pierre Xolin – Flagstaff, USA

En arrivant aux Etats-Unis, je m’attendais à…

changer de dimension. Et c’est ce qui est arrivé, dans à peu près tous les domaines de la vie quotidienne. Les américains voient vraiment les choses en grand. Il suffit de se promener dans les rayons d’un supermarché pour le constater : ici, impossible de trouver une brique de lait de 1L comme en France. Non, ici une « brique » c’est un gallon, soit 3.78 L ! Et que dire du campus ? 25 000 étudiants, 27 restaurants, un stade couvert d’une capacité de plus de 10 000 places, 5 salles de sport… Voilà exactement ce que je recherchais en venant ici : découvrir la réalité des universités américaines telle qu’elle nous est donnée à voir dans les films. Enfin, comme tout étudiant s’envolant pour les Etats-Unis, j’espérais vivre mon « rêve américain ». Mon rêve à moi, c’était de pouvoir apprécier des paysages à couper le souffle. L’Arizona a exaucé mon vœu et m’a ouvert les portes de quelques unes des merveilles de la nature comme Antelope Canyon, Horseshoe Bend ou Monument Valley.

À quoi ressemble une journée ordinaire aux Etats-Unis ?

L’avantage des facs américaines, c’est qu’elles laissent les étudiants choisir leurs cours à leur guise. Une aubaine pour les gens peu matinaux ! Après un premier cours programmé aux alentours de 10h, il est déjà l’heure d’aller au self. Même s’il n’y a pas d’heure pour manger aux Etats-Unis, les étudiants américains prennent leur déjeuner relativement tôt, souvent vers 11h. Lorsque les salles de cours se vident en fin d’après-midi, les salles de sport connaissent leur pic d’affluence. La plupart des étudiants aiment se vider l’esprit avant de se plonger dans leurs devoirs. Il faut dire qu’ici, le sport est une véritable institution. Beaucoup d’athlètes universitaires espèrent devenir professionnels une fois leur cursus terminé.

Même si les cours ne représentent pas un volume horaire trop important (entre 10 et 15h hebdomadaires), le temps de travail à côté est considérable. Les élèves sont invités à préparer chaque classe à l’avance afin de la rendre interactive. Pour cela, les lectures obligatoires sont un impératif auquel personne n’échappe, puisqu’elles sont régulièrement sanctionnées par des tests de connaissances.

Enfin, cette spécificité qui fait le charme de Flagstaff, c’est son emplacement au cœur de la montagne. La vue sur le Mont Humphreys depuis le campus est un plaisir qu’on ne se lasse pas d’apprécier.

Si j’avais su j’aurais…

fait des réserves de pain et de fromage pour tenir un an ! Les Etats-Unis ont beau produire presque tous les aliments possibles en quantité industrielle, trouver une baguette et du bon fromage relève de l’exploit. Après quelques mois de pain de mie et de cheddar, les souvenirs enfouis de raclette, fondue savoyarde ou autre tartiflette remontent à la surface pour vous torturer…

L’habitude la plus surprenante…

Échanger avec les vendeurs, les serveurs ou même avec ses professeurs comme s’ils étaient des amis d’enfance. Aux Etats-Unis, si vous entrez dans un magasin ou un restaurant vous n’échapperez pas au traditionnel « Hey ! How’s it going today ? » (« comment ça va aujourd’hui ? »). Plus que de la politesse, s’inquiéter de l’état des gens, même si vous ne les connaissez pas, est une habitude ancrée dans la culture américaine. Je dois admettre que c’est un peu surprenant au début, mais on finit par s’y habituer. Et au bout de quelques mois, lorsqu’on passe à la caisse au supermarché, la première phrase que l’on prononce est « Hey, how’s it going ? ».

Cette année j’en profite pour…

Prendre des cours de snowboard. Ma fac se trouve à une vingtaine de kilomètres de l’Arizona Snowbowl, une station de ski nichée au pied du Mont Humphreys. De janvier à mars, des navettes sont mises en place et des moniteurs sont réquisitionnés pour dispenser des cours aux étudiants. Une opportunité en or pour découvrir le snowboard… et valider des crédits étudiants !

La saison de la citrouille

Tout a commencé lorsque Julia, ma colloc, a débarqué un beau matin, une énorme citrouille à la main. Nous sommes fin septembre, après tout, faisons comme si c’était normal ! Intriguée je lui demande si c’est pour Halloween et elle me répond : « No, it’s fall, Pumpkin is baaaack ! » (= non c’est l’automne, la citrouille est de retour !) De plus en plus interloquée, je lui demande quelques explications et elle me raconte alors qu’ici aux États-Unis, et d’autant plus en Nouvelle-Angleterre, l’automne est la saison de la citrouille. Et, en effet, je ne tarde pas à m’en apercevoir par moi-même. Magasins, cafés, boutiques, restaurant du campus, tous sont envahis par la fameuse cucurbitacée orange.

Citrouille 1
Une origine historique
A la fin du XIXe siècle, lors d’une vague massive d’immigration, les Irlandais apportèrent aux États-Unis une tradition païenne nommée Halloween. Ils avaient pour habitude de creuser des rutabagas ou des navets et d’y mettre une lanterne mais ces légumes furent remplacés par le potiron, une fois sur le continent américain. Ainsi, elle est un des symboles les plus connus d’Halloween mais c’est aussi une composante essentielle de tout repas de Thanksgiving qui se respecte. Cette fête nationale commémore l’arrivée des pèlerins aux États-Unis, qui, opprimés à cause de leur pratique séparatiste de la religion anglicane, ont fui l’Angleterre. Le premier hiver décima la moitié du groupe. Les pèlerins décidèrent alors de signer un traité de paix avec les Amérindiens qui les aidèrent et leur enseignèrent comment survivre sur cette terre qu’ils ne connaissaient pas. Que vient faire le potiron dans tout cela alors ? Et bien le potiron est issu du fruit de la première récolte des pèlerins ! C’est pourquoi aujourd’hui encore, le repas traditionnel de Thanksgiving, célébré chaque année le quatrième jeudi de novembre, ne peut se faire sans pumpkin pie (délicieuse tarte au potiron). (suite…)