Les Décloîtrés

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La pizza à l’ananas : Mai più !*

Flavia, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Flavia, je suis née à Florence, en Italie. Ma mère est française, elle vient de Rennes mais elle vit en Italie depuis trente ans. Mon père est sicilien, Flaviaj’ai donc la double nationalité italienne et française. J’ai une licence en langue et littérature étrangère : j’étudie les relations internationales à l’université de Turin. Je passe ma dernière année d’études complète à Rennes. Je trouve que c’est la bonne formule : ça laisse le temps de s’intégrer, de se faire de vrais amis.

 

Pourquoi as-tu choisi la France ?

Je n’avais jamais étudié à l’étranger. Avant de terminer mes études, je voulais vraiment partir dans un autre pays. J’ai pensé à la France car je suis française sans jamais avoir vécu dans ce pays. J’avais le choix entre Paris et Rennes, mais comme ma famille vient de Rennes j’ai préféré venir renouer avec mes racines ! Ici, je peux retrouver des souvenirs dont ma famille m’a parlé.

 

Qu’est-ce qui te surprend le plus en France ?

L’administration n’est pas toujours simple ! Au début, ça a été dur pour la paperasse. En Italie, ça ne marche pas toujours bien mais c’est plus flexible. Sinon, tout est nouveau en France. Même si je n’ai pas changé de continent, beaucoup de choses sont différentes. Mais je ne suis pas déçue, les Français sont très gentils !

 

Qu’est-ce qu’il te manque le plus ?

Ça va paraître très banal mais… la pizza ! Une bonne pizza sans ananas. Je suis allée manger une pizza au kebab au restaurant universitaire, il n’y avait pas de sauce tomate dedans mais du ketchup, ce n’est pas possible en Italie ! J’ai aussi commencé à boire du café à la française, car ici les espresso sont vraiment trop longs par rapport aux cafés italiens (et pas du même goût). C’est vrai que les Italiens sont un peu intransigeants sur la nourriture…

La chaleur des gens me manque : les Bretons peuvent être distants au début mais une fois qu’ils s’ouvrent ils sont très gentils.

 

Des conseils pour ceux qui vont partir ou souhaiteraient sauter le pas ?

Avoir une attitude ouverte et être flexible. À l’étranger tout va changer, mais en étant ouvert dès le début c’est facile d’accueillir la diversité. Il faut être le premier à aborder les gens. Je suis la représentante des étudiants étrangers à Sciences Po Rennes. Je trouve que le travail fait par les associations est très important. J’admire par exemple le collectif Changez l’IEP car ils font tout leur possible pour améliorer la vie des étudiants de l’Institut.

*Plus jamais !

Michael, étudiant brésilien, effectue une année de mobilité à SciencesPo Rennes. Il nous raconte son expérience bretonne.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Michael Texeira, je suis brésilien et j’étudie depuis deux ans le droit à l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro au Brésil. Je suis venu à l’IEP pour passer le certificat d’études politiques, c’est comme votre 3e année à l’étranger à Sciences Po Rennes.

Pourquoi avoir choisi la France ?17022105_10208583358805164_7626788289763231920_n
Depuis très jeune je rêvais de faire mes études à l’étranger. J’étudie au Brésil dans une université publique, ce qui est plus dur par rapport à l’enseignement privé qui est beaucoup plus répandu. Pour entrer dans ma fac j’ai dû passer l’équivalent du baccalauréat. Je parlais déjà couramment anglais et espagnol mais je voulais apprendre le français donc j’ai choisi de venir étudier en France. En plus, j’ai étudié la culture française avec une professeure qui avait fait toutes ses études en France et c’est elle qui m’a convaincu de venir ici, même si je n’avais jamais eu de contact avec la culture française avant.

En arrivant en France, à quoi t’attendais-tu ? Est-ce que quelque chose en particulier t’a surpris ?
Tout le monde me disait qu’en Bretagne il allait y avoir beaucoup de pluie. Mais quand je suis arrivé, en septembre il n’y avait que du soleil et il faisait chaud. On me disait « Michael, tu as pris le soleil brésilien carioca avec toi ! ». Il faisait même moins chaud au Brésil au même moment ! J’espérais être bien reçu et ça a été le cas. Je voudrais dire merci à l’association Zéphyr qui accueille les étudiants étrangers, et surtout à Chloé Iacono et Solène Touchard de m’avoir amené à la Cité Universitaire où j’habite aujourd’hui. J’y ai trouvé des gens de tous horizons car Rennes est une ville pleine d’étudiants étrangers. On m’avait dit que les Bretons étaient gentils et c’est bien vrai, j’ai reçu un accueil chaleureux, je me suis senti comme au Brésil !
Une chose m’a surpris, pendant ma première soirée à Rennes. Un jeune homme est monté tout nu sur l’horloge de la place des Lices, devant tout le monde ! Je pensais que les Français étaient pudiques, mais là je me suis senti dans une vraie ville universitaire !

Qu’est-ce qui te manque le plus du Brésil ?
Ma famille. Je viens d’une famille nombreuse, nous sommes sept enfants. J’ai deux neveux et une nièce, et une de mes sœurs est actuellement enceinte. Je suis déçu de ne pas pouvoir voir ma future nièce tout de suite lorsqu’elle naîtra. La nourriture me manque aussi, il est presque impossible de trouver de quoi faire de la cuisine brésilienne à Rennes. La chaleur ne me manque pas trop, mais la chaleur de mes amis, si ! Ici les gens sont un peu plus sérieux… jusqu’à ce qu’ils aient bu ! Mais j’ai quand même rencontré beaucoup de gens accueillants.
Enfin, ma vie politique active au Brésil me manque. Ici, j’analyse et j’étudie la science politique mais je ne suis pas un acteur politique actif.

Des conseils pour les étudiants qui voudraient venir en France ou pour ceux qui souhaiteraient sauter le pas et partir à l’étranger ?
Être ouvert à la diversité du monde d’aujourd’hui. Il faut comprendre qu’en voyageant, on découvre une autre culture. Rennes est une ville avec beaucoup de monde, multiculturelle, il faut savoir respecter tout le monde.
À l’IEP, il faut être préparé à beaucoup travailler, mais venir ici est une opportunité unique pour apprendre le français. Il faut aussi avoir de la patience avec l’administration française en général… Mais on peut compenser les inconvénients avec toutes les bonnes choses que l’on trouve en France : la nourriture, les galettes bretonnes, les plages, les apéros où tout le monde t’invite, les soirées… et aussi Sciences Po, l’une des meilleures institutions en France : très bien organisée, avec une bonne assistance aux étudiants. L’expérience à l’étranger dépendra de l’étudiant, de s’il cherche plutôt une expérience culturelle, académique, professionnelle ou interpersonnelle, avec des gens de tous les horizons !

 Les Décloîtrés sont allés à la rencontre de Joséphine Reischel, étudiante allemande en service civique à l’Institut d’Etudes Politiques de Rennes. À seulement 22 ans, elle a déjà vécu en Italie et en Angleterre, et elle nous parle aujourd’hui de son expérience personnelle et professionnelle en France.

En quoi consiste ton service civique ?
Je travaille pour le service d’insertion et relations professionnelles, le service des relations internationales, et le double cursus franco-allemand. Je soutiens les deux services et je travaille aussi six heures pour le Crous à Beaulieu. J’ai aussi lancé des projets ici, comme le projet tandem (qui consiste à mettre en relation des étudiants français et étrangers pour que chacun puisse pratiquer une langue étrangère), et j’organise une soirée de Noël sur le thème de la culture allemande.

P15304278_10207860002601711_1544266753313201503_oourquoi as-tu choisi de faire ton service civique en France ?
J’ai toujours voulu aller en France. Après mon bac j’ai voulu travailler comme jeune fille au pair mais je ne parlais pas français. Je suis donc allée en Italie. J’ai commencé à apprendre le français, et après ma licence de traduction je suis venue ici.

En quoi cette année en France est-elle un atout pour ton projet professionnel ?
Je voudrais faire un master dans les sciences culturelles ou le management culturel après cette année de service civique. J’aime apprendre de nouvelles langues, cette année va donc m’aider à améliorer mon français. Je veux aussi regarder ce qu’il est possible de faire comme master binational, avec une année en France ou en Italie, et une année en Allemagne.

Penses-tu qu’une année de mobilité à l’étranger est aujourd’hui indispensable pour tout étudiant ?
C’est obligatoire à Sciences Po, mais je pense que c’est très bien pour tout le monde de faire ça car c’est une expérience unique, où l’on apprend beaucoup de choses à la fois sur soi-même et sur une autre culture. On apprend à s’adapter et c’est utile pour toute la vie !

As-tu rencontré des difficultés particulières quand tu es arrivée en France ?
Oui, c’était difficile au travail car mon français n’était pas très bon, mais j’ai progressé assez vite comme tout le monde parle français ici. J’ai été bien accueillie, tout le monde a compris que je ne parlais pas très bien français.
C’est un peu difficile de rencontrer des gens en étant en service civique, comme je suis toute la journée dans le bureau, beaucoup de gens passent mais j’ai seulement à leur indiquer à quelle porte ils doivent frapper… J’ai donc mis un peu de temps mais je commence quand même à connaître des gens maintenant.

Avais-tu des craintes ou des a priori avant de venir ?
Pas vraiment, car j’ai fait un Erasmus en Angleterre, et comme j’avais deux colocataires françaises, je connaissais déjà un peu la culture française.

… Donc tu parles allemand, italien, anglais et français ?
Oui, et j’ai même commencé l’espagnol car c’est très similaire avec l’italien !

Existe-t-il un système de service civique en Allemagne ?
Oui, ça fonctionne plus ou moins pareil. Beaucoup de gens le font après le bac et on peut faire ça dans le domaine du social, de la culture et de l’écologie.

Comment as-tu su que le service civique existait aussi en France ?
Je fais un volontariat franco-allemand, organisé par l’OFAJ (Office Franco-Allemand pour la Jeunesse) C’est un programme dans lequel nous sommes 18 allemands en France, et il y a 13 français en Allemagne. Nous avons aussi quatre formations ensemble au cours de l’année.

Qu’est-ce que tu préfères le plus en France ? Et qu’est-ce que tu n’aimes pas  ?
J’adore le fromage, mais je n’aime pas trop la pluie ici, il pleut beaucoup trop à Rennes !

Qu’est-ce qui te manque le plus ?
Ma famille et mes amis évidemment. J’habite seule dans une résidence ici et c’est un peu anonyme, j’ai habité dans une colocation avant et ça me manque un peu…

 

Propos recueillis par Agathe Foucher et Enaël Février

Humeur d’un 14 novembre

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Aujourd’hui, l’agitation matinale du marché sous mes fenêtres m’a réveillé, comme tous les samedis. Je suis descendu acheter ma baguette à la boulangerie et j’ai fait un tour chez le coiffeur. Bref, un samedi comme les autres. Mon portable m’avait assuré qu’il y aurait du soleil dans l’après-midi donc en bon touriste que je suis j’avais décidé d’en profiter pour prendre un peu de hauteur et grimper les quelques marches de la Tour Eiffel, histoire admirer Paris d’un peu plus haut.

Aujourd’hui, pas de chance il fait gris et les nuages semblent bien décidés à passer leur journée à s’accrocher à la capitale. Après tout, les prévisions météorologiques n’en sont pas à leur première erreur. Et la Dame de fer n’accueille exceptionnellement aucun visiteur. Bizarre… Du coup je me suis dit que j’allais écrire, ça peut pas me faire de mal ce n’est pas souvent. J’aurais bien eu un stage à l’étranger à trouver, mais ça me paraissait si dérisoire.

Aujourd’hui, c’est le samedi 14 novembre et j’ai pourtant la fâcheuse impression de m’être réveillé 10 mois en arrière. En traversant le marché, entre les banales discussions des passants et les exclamations des vendeurs, je saisis des « je l’ai appris à 23h », « on dit qu’il y a eu 150 morts » ou encore « l’état d’urgence a été décrété ». Il y a aussi les unes des journaux qui titrent « Carnages à Paris », « L’horreur à Paris », « Cette fois c’est la guerre ». Est-ce que je suis bien réveillé ?

Et puis, je me rappelle hier, on était bien le 13 novembre. Un vendredi. Une de mes amies a joué au loto. Il paraît ça porte chance. Je ne sais pas si elle a gagné. Et je crois qu’elle-même s’en fout un peu à vrai dire. Hier soir après l’entraînement je suis sorti avec des amis. On est allé manger dans une pizzeria. Rien d’exceptionnel, mais ça nous faisait plaisir de se retrouver, passer du temps ensemble à discuter, rire, se raconter nos vies. Puis je suis rentré chez moi. J’ai machinalement commencé à regarder la deuxième mi-temps de France-Allemagne et une première notification m’a alerté d’une fusillade en cours dans le Xème arrondissement à la terrasse d’un bar. Surpris, j’ai d’abord pensé à des règlements de compte, des histoires de trafics drogue, comme cela arrive malheureusement trop souvent. On annonce ensuite à la télé que deux explosions ont été ressenties aux abords du Stade de France. Le Président est exfiltré de l’enceinte sportive. Puis une deuxième fusillade, dans le XIème. Et la sanglante prise d’otage dans la salle du Bataclan. Les mots « attentats », « terroristes », que j’avais déjà oubliés reviennent brutalement et ça fait mal.

Choc et incompréhension devant ce déchaînement de violence aveugle et insensé, sans cibles particulières. Horreur et douleur face aux nombreuses victimes, innocentes, qui comme moi une heure avant, sortaient simplement pour se détendre et passer un bon moment entre amis. Colère et dégoût envers les auteurs de ces crimes qui ont perdu toute humanité. De la tristesse ce matin, comme le reste d’une France endeuillée. J’ai ressenti un peu tout ça à la fois, dans l’ordre ou dans le désordre je ne sais plus trop, au fur et à mesure que les événements se déroulaient.

Comme beaucoup j’imagine, j’ai suivi les fils d’actualités, les chaînes d’infos en attente de nouvelles sur la situation. J’avais beau être proche physiquement de ces tragiques événements, je n’ai fait finalement que les suivre à distance derrière mon écran d’ordinateur, bien au chaud dans mon appartement. Aussi je ne pourrais pas vous décrire plus en détail l’atmosphère qui régnait dans Paris. De toute façon, de près ou de loin nous ressentons tous la même chose face à de telles atrocités. Mais subsiste malgré tout le désagréable sentiment que « ça aurait très bien pu tomber sur moi… » : des amis de mon frère ont assisté à l’effroyable spectacle depuis un restaurant de la rue de Charonne, à quelques mètres de la fusillade. Passer mon début de 3A à Paris n’était semble-t-il pas la bonne idée.

Ensuite c’est, comme le 7 janvier dernier, une vague d’émotion qui a submergé les réseaux sociaux. Parfois indécente et immonde : les récupérations politiques en tous genres et autres amalgames xénophobes ont encore une fois fleuri sur des pages où la profondeur des réflexions des internautes faisait froid dans le dos. Mais souvent sincère et humaine : pour s’associer à la douleur des victimes et appeler à la solidarité et l’union face à la terreur. Et entre toutes ces réactions, ce #PrayforParis qui est revenu en boucle. Si l’émotion était vraisemblablement bien réelle pour les nombreuses personnes qui l’ont utilisé, je ne peux m’empêcher de croire que cela sent le coup marketing à plein nez. Après l’indignation face à la mort de dizaines d’innocents, c’est donc l’indignation de voir encore une fois des personnes peu scrupuleuses cherchant à faire du profit en toutes circonstances qui m’a gagné. Considérer un drame avec aussi peu de respect et de dignité me révolte.

Aujourd’hui, un formidable élan collectif semble une nouvelle fois s’élever en France contre les atrocités commises pour défendre les valeurs républicaines telles que la tolérance, la fraternité ou la solidarité et rappeler qu’elles sont essentielles à notre société. C’est beau, ça donne des ailes, on se sent soudés et soutenus dans une même épreuve, et on se prend à rêver que la France ira mieux après : « La France ne sera plus jamais la même » entendra-t-on sûrement. Mais je redoute que, à l’image du fameux « esprit du 11 janvier » qui s’est vite heurté à notre quotidien (au mien en tout cas), ce que l’on appellera peut-être « esprit du 13 novembre » s’essouffle aussi vite qu’il a pris corps et que la France reste finalement la même.

Ces terribles événements sonnent ainsi comme une douloureuse piqûre de rappel à mes yeux et me confrontent à la relative hypocrisie de ce que j’affirmais comme mes convictions en janvier dernier. Pourquoi toujours attendre de se prendre le pire en pleine face pour réagir alors que depuis 10 mois bien d’autres problèmes n’ont cessé de ronger la France ? Pourquoi ne suis-je pas aussi solidaire que je veux bien le dire quand il s’agit de la crise migratoire ou bien simplement de partager ne serait-ce qu’une émotion avec un sans-abri plutôt que de me réfugier derrière un mur d’ignorance ? Ai-je peur de lire dans leurs yeux leur souffrance quotidienne, ai-je peur qu’ils me renvoient un sentiment de culpabilité que j’éprouverais de toute façon à l’ignorer ?

Aujourd’hui, l’agitation matinale du marché sous mes fenêtres m’a réveillé, comme tous les samedis… En fait non pas comme tous les samedis, ce n’était définitivement pas un samedi comme les autres.

Simon Germon

Dorian Chenivesse, Moscou, Russie

 

La France est-elle un pays de râleurs ? Nous nous imaginons trop souvent qu’il s’agit là d’un des nombreux clichés véhiculés dans les bistrots de Paris et de province par quelques «jeunes cadres dynamiques» de passage et relayés par les piliers de comptoir du cru.

Nous sommes d’autant plus surpris de découvrir qu’en-dehors de notre cher pré carré, la France représente toujours quelque chose d’à la fois grand et particulier. Cela saute particulièrement aux yeux en Russie.

D’abord, la Douce France y représente le luxe et le bon goût. Paris est même à elle seule un argument de vente majeur pour les grandes enseignes de parfumeries (Л’Этуаль/L’Etoile, Рив Гош/Rive Gauche). Dei3ZlyLMVQNotre gastronomie est également très réputée. Les fromages de France et de Navarre, avant l’escalade des sanctions liée aux évènements d’Ukraine, étaient une référence pour les Russes des «deux capitales» que sont Moscou et Saint-Pétersbourg. La façon dont les connaisseurs vous parlent de nos camemberts nationaux vaut mieux que toutes les explications du monde. De même, les restaurants français – n’ayant parfois de «français» que le nom – qui ont fleuri partout à Moscou dans les terribles années 1990 sont hors-de-prix, et néanmoins très fréquentés par les nouveaux Russes, équivalents est-européens de nos nouveaux riches (Рагу/Ragout, Ла Марэ/La Marée). (suite…)