Les Décloîtrés

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Thomas Moysan, Florence, Italie

 

Voyager, c’est certes observer, goûter, rencontrer, partir à la découverte de nouveaux horizons. Mais c’est aussi comprendre le quotidien de ceux qui nous accueillent. En Italie, une chose que je voulais comprendre, c’était le désintérêt « structurel » pour la politique. Et puis il y a eu le 28 Février, la descente à Rome de la Lega Nord (Ligue du Nord), et comme une impression de « déjà vu »…

Dans les médias français, il en va de la politique italienne comme de la politique des autres pays de l’Union. Quand les enjeux ne sont pas européens (et a fortiori quand ils ne concernent pas la France au premier plan), on en parle peu, voire pas du tout. Étant donné le fouillis scénaristique du show politique que l’Italie s’écrit elle-même chaque jour, il est difficile de le blâmer. Les Italiens eux-mêmes se sont fait une raison. Rares sont les nations où la fracture entre les politiques et leurs concitoyens s’est autant consumée. À défaut de partager le même cadre institutionnel et historique, les eaux politiciennes, des deux côtés des Alpes, sont pourtant agitées par les mêmes remous. Et dans les nimbes de l’Extrême-Droite, l’Italie semble vouloir rejoindre la France vers des horizons orageux. (suite…)

«Ho un sacco di fame !»

Thomas Moysan, Florence, Italie
Vous me direz que la «cucina italiana» est un cliché. Certes. Mais, c’est surtout une composante fondamentale de l’identité de l’Italie. Quand je parle de cuisine, je veux vous parler de tout ce qui y touche de près ou de loin, du choix des aliments jusqu’au repas en lui-même — véritable sacrement quotidien et première institution familiale — en passant par l’acte de cuisiner. Ce qui relève bien souvent d’un savoir-faire intime et personnel. L’Italie aime cuisiner et elle en est fière. Et à la vue des terrasses sans fin qui couvrent le pavé florentin, elle a réussi à en faire un culte international.
C’est bien simple : depuis que je suis en Erasmus à Florence, quand je ne suis pas à l’Université ou à esquiver les touristes dans le centre historique, je suis devant ma cuisinière, ou dans les allées des «(super)mercato» à choisir le bon fromage, le bon type de pâte, le bon vin ou la bière qui ira parfaitement pour l’«aperitivo» du soir. Dire qu’avant tout ça me passait au-dessus de la tête…
S’il vous prend un jour de vous essayer à l’italienne, ne retenez que ceci : «Les choses les plus simples sont les meilleures !» Du moins tant que vous avez quelques ingrédients de base et un minimum de temps à y consacrer. Car les choses les plus simples peuvent aussi se révéler les plus hasardeuses. Prenez une simple recette de pâtes à l’huile et vous verrez que vous mettrez du temps avant de trouver la bonne huile, les bonnes pâtes et surtout les bons dosages ! Vouloir réussir des pâtes à l’«amatriciana» (En bref, tomates, lardons, fromages) peut vite voir votre cuisinière se transformer en laboratoire de chimie. «Un peu plus d’eau? Ou d’huile ? Ouais, mais combien ? Manque de sel, nan ? Quoi, des épices ? Du curry ? Bah, pourquoi ? Ah, si, en fait, c’est meilleur comme ça !»
Bon d’accord ! Avec tout ça, on finit un peu perfectionniste sur les bords. Mais c’est bien peu de choses quand vient l’heure de passer à table, croyez-moi !
Sur ce, je vous laisse, j’ai un truc sur le feu !